Quand j'ai compris à quel point le sommeil est sous-coté
Et pourquoi sa privation est une torture
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un sommeil perturbé.
Enfant, j’avais peur des vampires et des fantômes. Je dormais avec la couette ou le drap remonté jusqu'au menton, persuadée que cela les empêcherait de me mordre le cou pendant la nuit. Et je le fais toujours par habitude, d’ailleurs.
Adulte, les êtres imaginaires ont été remplacés par le stress, le décalage horaire des déplacements professionnels, les responsabilités, les périodes plus difficiles de la vie... Une autre forme de monstres, me direz-vous.
Quand j’y pense, nous dépensons des fortunes dans la skincare, toujours à la recherche du produit miracle qui va nous donner bonne mine et ralentir le vieillissement.
Et pourtant, on oublie deux essentiels absolument gratuits sans lesquels ces soins coûteux ont bien moins d’effet : le sommeil et l’hydratation.
Avant de devenir mère, on me disait souvent “Tu verras quand tu auras des enfants, tu sauras ce que c’est que d’être fatiguée”. Mais moi, je me disais deux choses.
La première, la phrase de tous les bons fêtards qui se respectent “On dormira quand on sera morts”.
La seconde, “J’ai absorbé des charges de travail et de pression tellement énormes que quand je serai mère, ce sera tranquille”.
Je tiens donc à vous dire que je m’étais bien fourré le doigt dans l’œil.
J’entendais souvent de jeunes parents dire que “la privation de sommeil est une torture” et aujourd’hui, je sais que cela est vrai.
Cette première année de maternité, couplée au travail, m’a fait réaliser à quel point dormir est important et que prendre des compléments alimentaires, se tartiner de soins ou boire des litres de thé, ne peuvent pas le remplacer.
En fait, il se passe plein de choses quand on dort. Et si l’on ne dort pas, les conséquences ne sont pas belles à voir.
Beaucoup le savent, je suis mère de jumelles : l’une dort et l’autre non. Treize mois que notre sommeil est mis à rude épreuve, et à ce stade, c’est devenu un marathon.
En faisant des recherches, j’ai compris que le sommeil permet au cerveau de trier et de nettoyer les informations/déchets de la journée, de réguler les émotions, de réparer le corps, de rééquilibrer nos hormones…
Il est totalement sous-coté alors qu’il est primordial pour que l’on se sente bien. Et cette dernière année en a été la preuve.
Quand on est réveillé toutes les heures ou toutes les 3 heures sur une longue période, tout part en vrille : sensibilité extrême, anxiété, on cicatrise moins bien, on grossit bizarrement, on meurt de faim, on tombe facilement malade, etc.
Dans les six premiers mois qui ont suivi mon accouchement, je n’ai jamais vu mon visage aussi abîmé par l’épuisement, telle une petite momie.
Alors certes, les bons sérums et les bonnes crèmes ont aidé, mais ils étaient loin d’être suffisants.
Aujourd’hui encore, je sens à quel point les nuits toujours difficiles ont un impact sur mon travail, sur ma créativité et sur ma mémoire…
Désormais, je pense commencer à trouver le bon équilibre entre sommeil, travail et vie sociale. Et si je dois retenir plusieurs leçons de tout cela:
Je ne culpabilise plus sur le fait d’avoir besoin de dormir. Dans notre société, les “dormeurs” sont souvent considérés comme des fainéants, comme s’ils manquaient d’ambition, de courage ou de volonté. On admire souvent ceux qui se vantent de ne dormir que quatre ou cinq heures par nuit. Pourtant, nous n'avons pas tous les mêmes besoins physiologiques, et dormir suffisamment n'est pas un signe de faiblesse. C'est simplement répondre à un besoin fondamental de son corps. Bref, le manque de sommeil n’est pas un symbole de réussite.
Dépenser des fortunes pour prendre soin de moi n’a aucun sens si je ne fais pas le strict minimum : dormir et (essayer de) boire 2 litres d’eau par jour.
Oui, je refuse beaucoup de soirées, d’apéros et de sorties, mais j’ai besoin de dormir. Et si les autres ont un minimum d’empathie, ils peuvent comprendre à quel point cela est nécessaire. Et s’ils n’en ont pas, tant pis pour eux, je ne me forcerai pas.
Je fais la sieste quand je peux. Et n’importe quelle personne qui a été debout de 3h à 5h du matin plusieurs fois par semaine depuis plus d’un an, comprend pourquoi dormir, même un peu, à 10h du matin est important.
Quand je dors, je suis une personne bien plus agréable et sympathique, que ce soit dans l’univers perso ou pro.
Quand je dors plus, je mange mieux et l’impact sur ma silhouette est flagrant.
Je ne lésine plus sur la qualité de mon sommeil et surtout, sur la qualité de ma literie. Du matelas aux oreillers.
J’ai donc compris que le sommeil n’est pas du temps perdu, bien au contraire, c’est l’investissement le plus rentable que je puisse faire pour moi-même, mon couple, ma famille, mon travail…
Bonne nuit ou bonne sieste !



Simple et efficace. Quelques mots qui déculpabilisent et nous font aller mieux ! Merci May :-)
Dormir a toujours été ma bouée. La sieste est presque vitale pour moi et décaler mon réveil de 30 min si je peux est une joie. J'ai appris à vouloir moins dans ma vie pour pouvoir essayer de dormir correctement. Dormons, ralentissons, vivons !