Quand je reçois ce type de message sur Instagram, sans aucune formule de politesse, je ne réponds jamais. Mais pas cette fois : celui-ci a retenu toute mon attention. Vous l’avez sûrement vu passer sur mon compte, car j’en ai immédiatement fait une vidéo, à regarder si ce n’est pas déjà fait !
Entre les lignes, j’ai senti un bouleversement, une grande tristesse, mais aussi une vraie détermination à tracer un nouveau chemin. Moi qui suis particulièrement déterminée lorsque j’ai une idée en tête, je me suis imaginée à sa place et j’ai commencé mes recherches.
En discutant avec mes proches, j’ai rapidement entendu : « C’est bizarre de vouloir une bague après avoir été trompée, non ? Normalement, c’est plutôt un symbole de mariage ? » Cette interrogation m’a fait réaliser que j’avais toujours eu un rapport assez peu commun aux bijoux. Voilà probablement pourquoi sa demande ne m’avait pas surprise. Mais j’y reviendrai dans un autre article.
Une bague de rupture, vraiment ?
Deux questions se posent lorsqu’une rupture douloureuse survient :
Que fait-on de ses anciennes bagues ?
Doit-on se priver d’en porter parce qu’elles sont censées représenter l’amour ?
Quinze ans de vie commune qui prennent fin à la suite d’une infidélité, quelle qu’en soit la nature, c’est une sacrée trahison. Pour moi, sa recherche avait quelque chose de particulièrement puissant : une femme qui veut s’en remettre, débuter sa « nouvelle vie », comme elle le dit si bien, et qui choisit cet objet si symbolique pour marquer le moment. C’est fort, quand même.
Nous avons pris l’habitude de marquer les grandes étapes amoureuses avec des bijoux. Les fiançailles, le mariage, le PACS, les anniversaires de mariage… Comme si les occasions de recevoir une belle bague dépendaient de la bonne santé de notre couple. Dans l’imaginaire collectif, elle est donc volontiers associée à l’engagement, à la promesse et à la fidélité.
Et pourtant, une bague, comme tout autre bijou, peut prendre la signification qu’on choisit de lui donner. Si elle apporte à cette femme de la force, du courage ou de la confiance, tant mieux. Sa demande m’a surtout donné envie de comprendre ce que l’on cherche dans ces objets et ce que l’on souhaite montrer à travers eux.
Car avant la revenge ring, il y a eu la revenge dress…
Diana, une petite robe noire et trente ans de commentaires
Le 29 juin 1994, Diana arrive à une soirée de la Serpentine Gallery, à Londres, dans une robe noire signée Christina Stambolian. Épaules découvertes, silhouette ajustée, collier de perles : cette image est devenue l’une des plus célèbres de son histoire. Le même soir est diffusé l’entretien télévisé dans lequel le prince Charles reconnaît son infidélité. Chic.
Le rapprochement entre les deux événements donnera à cette tenue le nom que nous connaissons aujourd’hui : la revenge dress.
Plus de trente ans après, nous continuons de regarder cette image comme une démonstration de confiance et d’indépendance. Nous lui faisons dire énormément de choses, alors même que nous ne savons pas tout de ce que Diana ressentait en la portant.
Selon les propos de sa créatrice rapportés par Vogue, Diana possédait cette robe depuis environ trois ans, mais la jugeait trop audacieuse. Comme si, soudain, elle s’était autorisée à la porter et que cette tenue lui avait permis de répondre à l’humiliation publique.
Déjà vendue chez Christie’s en 1997, cette robe est annoncée aux enchères chez Sotheby’s pour le 9 décembre 2026, avec une estimation de 150 000 à 300 000 dollars. À ce niveau, on achète évidemment bien plus que la coupe d’une petite robe noire, aussi sublime soit-elle. On achète aussi son histoire, son image et tout ce que le public y a projeté. Une robe portée un soir est devenue un objet de collection auquel on associe désormais la capacité d’une femme à se relever avec brio d’une humiliation.
Natalie, Zoë, Bella : faut-il toujours y voir une revanche ?
Depuis, la presse semble avoir trouvé une catégorie particulièrement pratique pour commenter les tenues des femmes récemment séparées.
En juin 2023, le magazine Voici fait état d’une liaison présumée de Benjamin Millepied, alors époux de Natalie Portman. Quelques mois plus tard, en janvier 2024, l’actrice porte une petite robe noire avec un détail de soutien-gorge apparent, aussitôt interprétée comme une revenge dress. Puis, en juin, après son divorce, c’est une robe rouge Jacquemus, aux épaules dégagées et aux manches volumineuses, portée à Londres, qui rejoint cette catégorie.
Pour Zoë Kravitz, c’est la robe Saint Laurent portée à la soirée Vanity Fair des Oscars, en mars 2025. Très sobre de face, elle dévoile dans le dos une partie des fesses à travers un tissu transparent brodé de strass, quelques mois après sa séparation avec Channing Tatum.
Et en 2017, on se souvient de Bella Hadid au Met Gala, dans une combinaison noire Alexander Wang, en dentelle et broderies, au dos très échancré. Le même soir, son ancien compagnon The Weeknd est présent avec Selena Gomez.
Interprétation de la presse ou véritable volonté de porter une tenue de revanche ? Un peu des deux, je pense. En tout cas, il y a quelque chose d’assez satisfaisant à voir une femme que l’on imaginait malheureuse apparaître magnifique et sûre d’elle. On a envie d’y voir un retour de confiance et parfois même une victoire.
Revenge dress ou revenge ring ?
Je crois profondément que notre apparence peut nous aider à certains moments de notre vie. Reprendre plaisir à s’habiller, se sentir belle, se sentir désirée : cela aide, évidemment.
En revanche, l’idée selon laquelle la meilleure réponse à une humiliation serait de devenir encore plus désirable me laisse un peu perplexe. Tout simplement parce que je trouve cela éphémère. On peut passer une soirée magnifique, se sentir à nouveau bien et sûre de soi, puis rentrer à la maison et retrouver la solitude et le chagrin. Retour à la case départ. Disons que cela peut aider, mais pas forcément durablement.
C’est peut-être pour cela que la bague de rupture m’a autant intéressée. On la porte près de soi, on la voit en écrivant, en travaillant, en prenant son café. Son histoire peut rester totalement privée. Il n’est même pas nécessaire que l’ex en apprenne l’existence. Elle peut représenter une force, une victoire que l’on choisit de partager ou non, et rester avec nous bien après cette période.
À mes yeux, un bijou reste plus intime qu’un vêtement. C’est d’ailleurs aussi ce qui m’intéresse dans les superstitions qui l’entourent, mais j’y reviendrai une autre fois.
La liberté et l’indépendance de la bague de rupture
En mars 2024, Emily Ratajkowski a dévoilé ses divorce rings : deux bagues réalisées à partir des diamants de son ancienne bague de fiançailles Toi et Moi. Avec Alison Chemla, la créatrice d’Alison Lou, elle a fait séparer les pierres. Le diamant poire est devenu une bague de petit doigt ; le diamant taille princesse a été accompagné de deux diamants trapèzes.
Pourquoi faudrait-il réserver la symbolique d’une bague aux engagements que nous prenons à deux ? Cela n’a jamais été mon cas, mais je sais que cette association reste forte.
Ce que j’adore dans la Revenge ring, c’est la liberté de choix. On s’affranchit des codes habituels de forme, de taille, de pierre, de métal et même de porté. On choisit le doigt, les proportions, tout ce qui nous plaît.
Cela me rappelle Carrie dans Sex and the City, qui portait sa bague de fiançailles autour du cou, sur une chaîne, avant de rompre avec Aidan. Une femme loin des codes, qui allait jusqu’à faire une crise d’urticaire en essayant une robe de mariée. Certes, le contexte est différent, mais cette façon de déplacer le bijou et de se l’approprier m’intéresse.
Bref, certaines transformeront un bijou existant, comme Emily Ratajkowski. D’autres préféreront commencer avec une pièce sans souvenirs associés. D’autres encore garderont leur argent pour tout ce qu’il faut reconstruire à ce moment-là, et c’est évidemment très bien aussi.
Pour celles qui souhaitent une bague, voici les modèles que je regarderais. Je les ai choisis pour leur dessin, leur présence et ce qu’ils m’évoquent personnellement.
Vous trouverez la vidéo complète et illustrée ici.
L’Antifer de Repossi
C’est la première à laquelle j’ai pensé pour cette idée d’armure. Avec ses quatre rangs, ses pointes et sa construction asymétrique, l’Antifer occupe le doigt et affirme immédiatement sa présence.
Elle me semble particulièrement adaptée à celles qui aiment une joaillerie graphique, assez éloignée du solitaire traditionnel. J’y vois quelque chose de protecteur, une force que l’on aurait plaisir à retrouver sur sa main.
La Serpenti Viper de Bvlgari
Le serpent qui change de peau était difficile à ignorer pour ce sujet. Bvlgari associe lui-même ce modèle à la métamorphose et au changement ; le rapprochement avec une nouvelle période de vie vient assez naturellement.
Je porte cette bague depuis plusieurs années au majeur droit et je l’adore. J’ai de petites mains et des doigts fins : elle est donc très imposante sur moi, et c’est ce que j’aime. On la remarque, elle a énormément de caractère.
L’Edge de Viltier
Pour celles qui préfèrent une maison plus confidentielle, je me tournerais vers Viltier et sa bague Edge large en or jaune.
J’aime ses lignes décalées et la place qu’elle laisse au métal. J’interprète ce décalage comme une forme de rupture dans la continuité : quelque chose change, mais l’ensemble tient toujours. Dans cette sélection, elle apporte une autre manière d’affirmer son goût, sans passer par une pierre centrale ou un motif figuratif. Son dessin suffit.
La Clash de Cartier
Adieu le Love, bonjour le Clash. Je sais, le jeu de mots était beaucoup trop tentant.
La version double me plaît pour son relief et la répétition de ses motifs qui donnent au bijou une allure que je trouve assez insolente.
Dans le contexte d’une rupture, elle m’évoque cette envie de poser ses limites et de retrouver une certaine fermeté. Mais elle restera tout aussi belle lorsque la colère sera passée.
La Marquise de Loyal.e
Un diamant porté au petit doigt, dans un esprit chevalière : voilà une proposition qui me plaît particulièrement pour détourner les habitudes associées à la bague de fiançailles.
La Marquise est sertie d’un diamant central créé en laboratoire. Sa créatrice, Maïssa, explique l’avoir imaginée pour célébrer ses trente ans et marquer un nouveau chapitre de sa vie. Dans le contexte qui nous intéresse, cette idée de passage prend tout son sens.
La Chaîne d’ancre Enchaînée d’Hermès
Des chaînes pour célébrer sa liberté, je vous l’accorde, il fallait y penser.
La version grand modèle est en argent 925 et mesure 1,93 cm de large : on est donc sur une pièce qui prend une vraie place sur la main. Hermès la décrit d’ailleurs comme une sculpture.
J’y vois la possibilité de choisir ses propres liens, ceux que l’on a envie de garder et de construire. Mais au-delà de cette lecture, son intérêt tient aussi à son volume et à son dessin. Pour celles qui aiment les bijoux en argent, elle mérite vraiment de figurer dans la sélection.
Voir la bague Chaîne d’ancre Enchaînée

La Halley de Spinelli Kilcollin
Avec ses quatre anneaux reliés par trois petits connecteurs, la Halley me fait penser aux différentes périodes d’une vie, distinctes mais liées les unes aux autres. La maison en propose plusieurs déclinaisons.
J’aime cette idée parce qu’une rupture ne retire rien à tout ce que l’on a vécu, appris ou construit pendant une relation, même lorsque sa fin est douloureuse.
La Bee de Chaumet
Avec son dessin alvéolé, la Bee de Chaumet me fait penser à une reine des abeilles qui aurait enfin envie de fixer les règles de son propre royaume.
J’ai choisi ce format imposant et moins commun pour sa géométrie et la lumière qui en ressort. Une pièce qui prend sa place, pour celles qui ont envie d’en faire autant.
La Move Iconica de Messika
Cette bague m’évoque les parures antiques, celles que j’imagine aux mains de reines ou de divinités. C’est une impression très personnelle, mais j’y retrouve quelque chose de souverain.
Je la proposerais à une femme qui a envie de retrouver cette assurance, de se sentir à nouveau maîtresse de ses choix. Et qui aime les bijoux assez présents pour habiller une main à eux seuls.
L’Art Déco Alta Octogonal de Gemmyo
J’avais envie de terminer cette première sélection avec une pierre de couleur. J’ai choisi le rubis pour son rouge profond, qui m’évoque la passion et l’élan de vivre.
La forme octogonale apporte quelque chose de puissant, de décidé. J’aime le contraste entre la couleur de la pierre et ces lignes franches qui lui donnent une structure. Une bague pour celles qui ont envie de retrouver de la couleur, au sens propre comme au figuré, et de regarder la suite avec un peu plus d’envie.
Voir la bague Art Déco Octogonal
Les autres pistes
La Quatre Classique Large de Boucheron
Je l’ajouterais pour celles qui aiment les bagues graphiques et les mélanges de couleurs de métal. La collection, née en 2004, réunit quatre motifs issus des archives de la maison. J’aime cette identité très forte, surtout dans sa version large.
Dans le contexte d’une rupture, cet assemblage m’évoque toutes les facettes d’une personne qui continuent d’exister lorsque le couple prend fin. On a été une compagne, une épouse peut-être, mais on a aussi construit bien d’autres choses. Je trouve assez beau de porter un bijou qui me fait penser à tout ce qui reste.
Voir la bague Quatre Classique Large

L’Équation de Maison Marcelle
Chez Maison Marcelle, j’ai retenu l’Équation grand modèle. J’aime ses volumes sculptés et ses variations de hauteur, qui donnent du rythme à l’ensemble.
Son nom m’amuse aussi dans ce contexte : après des années à chercher un équilibre à deux, on peut avoir envie de retrouver le sien.
La Sornette de Hëlinga
Avec ses courbes et son diamant taille poire, la Sornette m’évoque un serpent qui s’enroule autour du doigt. J’y retrouve la symbolique qui m’a fait choisir la Serpenti de Bvlgari : cette mue, cette capacité à changer de peau pour poursuivre sa vie.
Ici, les courbes de l’or rose et les petits pois diamantés lui donnent une allure plus espiègle, presque un animal précieux que l’on garderait avec soi. Une autre façon d’aborder cette idée de transformation, pour celles qui préfèrent une maison plus confidentielle.

La Coachella de Vanrycke
J’adore les bijoux Vanrycke, très fins, à fleur de peau. La maison n’était donc pas forcément mon premier réflexe pour cette sélection de pièces assez imposantes.
Mais la Coachella, avec ses deux lignes qui se croisent, est aussi une option. J’y vois une croix, une façon de dire stop, de marquer une limite. Une interprétation personnelle, évidemment, qui permet aussi de rappeler que l’on peut avoir envie d’un symbole fort tout en préférant un bijou plus fin.
La Nudo de Pomellato
Et pour celles qui auraient surtout envie de couleur, je regarderais les Nudo, notamment la Classic en améthyste.
C’est une autre humeur que celle des armures et des pointes. On peut simplement avoir envie d’une bague lumineuse, généreuse, dont la couleur nous plaît terriblement.
Voir la bague Nudo Classic en améthyste
Celle que vous aurez envie de garder
Je garderais surtout une question en tête : est-ce que cette bague vous plaira encore lorsque vous irez mieux, lorsque cette rupture occupera moins de place dans votre quotidien ?
Je l’ai déjà fait à plusieurs reprises : changer la signification intime que j’attribue à un bijou. C’est une affaire de conviction personnelle, mais lorsque vous choisissez une pièce et vous l’offrez vous-même, vous pouvez aussi décider de ce qu’elle représentera pour vous au fil du temps.
Comme je le disais dans ma vidéo, nos bijoux portent souvent une partie de notre histoire. Certains nous rappellent une personne, d’autres un accomplissement ou une décision difficile. J’aime l’idée que cette bague puisse, avec le temps, se charger de tout ce qui sera venu ensuite.
Et vous, avez-vous déjà acheté ou transformé un bijou pour marquer une séparation ? Est-ce que votre façon de vous habiller ou de choisir vos bijoux a changé après une rupture ? Je serais curieuse de lire vos histoires.
Last but not least, il n’est pas nécessaire de traverser une rupture douloureuse et humiliante pour se faire plaisir avec l’une de ces bagues. Profitons-en si nous le pouvons, la vie est courte.
Merci de m’avoir lue !























Merci May pour cet article que j’ai dévoré. Lorsque j’ai quitté mon mari, il a exigé que je lui rende mon alliance… je ne l’aurais de toute manière plus portée, mais ça m’a fait bizarre. J’aime bien l’idée de la revenge ring, et ça me donne envie de m’en offrir une lorsque j’aurai atteint l’un de mes gros objectifs de vie. Comme une revanche sur moi-même. Ta sélection est dingue, gros coup de cœur pour la Marquise 💕